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La vigne et le vin dans le Tricastin antique

du 06-07-1999 au 25-09-1999

A la fin du premier siècle avant J-C, la conquête romaine commencée un siècle plus tôt prend sa forme définitive dans le sud de la Gaule. En 35 avant J-C, la IIe légion Gallica fonde la colonie romaine d'Orange. Les vétérans de la légion reçoivent alors des terres pour s'installer. Le Tricastin, territoire de la tribu celtique des Tricastini (du Rhône à Grignan d'Ouest en Est et de Montélimar à Mondragon du Nord au Sud), est mis à contribution.

Leurs terres sont divisées en parcelles par des arpenteurs et proposées aux colons, qui finalement en rendent la plus grande partie aux autochtones (et notamment les terres de garrigues). C'est à cette période que les Gaulois, désormais contrôlés par Rome, reçoivent l'autorisation de cultiver la vigne et de produire du vin. Leur goût pour cette boisson est cependant assuré depuis longtemps : au 6e siècle avant J-C les Tricastins de l'oppidum du Pègue en consommaient déjà de grandes quantités qu'ils faisaient venir de Grèce par l'intermédiaire de la colonie grecque de Marseille ; coupes et cruches en terre cuite retrouvées sur le site en témoignent.




Dès le 1er siècle après J.-C., le Tricastin est devenu un grand centre de production et d'exportation de vin. La fouille, en 1983, de l'exploitation viticole du Molard à Donzère a révélé une capacité de production de 2 500 hectolitres par an ; il s'agit de la 2e exploitation viticole du monde romain en importance. La disposition des différentes pièces (fouloirs, pressoirs, celliers) permet de retracer les étapes de la fabrication du vin. Le vieillissement se faisait dans de grandes jarres (dolia) de terre cuite de plus de 1 mètre 80 de hauteur, enterrées afin de maintenir une température constante.




D'autres vestiges d'exploitations viticoles (Roussas, Malataverne) ainsi que les traces d'implantation de pieds de vignes romains (Lapalud) sont venues confirmer la prédominance de la vigne dans l'exploitation agricole du Tricastin antique. A Saint-Paul-Trois-Châteaux même, un dépotoir de 225 amphores vinaires de fabrication gauloise découvert sur le site des Sablières en 1991, a montré que la circulation du vin était particulièrement développée au ler siècle après J.-C. L'amphore était alors l'emballage favori des Gallo-romains, mais le tonneau était également utilisé : un bas relief romain réutilisé dans les murs de l'église St-Pierre de Colonzelle montre amphores et tonneaux cohabiter sur une même embarcation. Enfin le vin, bien que devenu boisson courante, conserve un pouvoir et une fascination qui touche au divin et au rituel : les magnifiques services à boire de verre ou de céramique déposés dans les tombes de la nécropole du Valladas en sont un éloquent témoignage.

Exposition réalisée par Cécile Aufaure et l’agence 2.26. De nombreux musées (Musée Calvet d'Avignon, Musée du Pègue, Musée de Donzère, Musée Municipal d'Orange) ont accepté de prêter des pièces uniques pour cette exposition. Le film sur la vigne et le vin à l’époque antique réalisé par Voir Média Production peut-être vu à la salle de l’Archidiacre.





 
Habiter en Tricastin
01|03|2017 – 16|02|2019